En novembre dernier s’est achevée la COP30 à Belém, au Brésil, 30 ans après la première COP, celle de Berlin de 1995 : la COP1.

Mais c’est quoi une COP ?

Le terme COP est l’acronyme de Conference of Parties, qui signifie “Conférence des Parties” en français. Les COP sont des réunions annuelles entre les pays signataires de la Convention sur le climat de l’ONU (Organisation des Nations Unies). Adoptée en 1992, cette convention fixe les bases de la coopération internationale pour réduire les émissions de gaz à effet de serre pour réduire l’impact humain sur le climat. Les nations signataires s’engagent à se réunir tous les ans, pour un temps durant lequel les pays dressent le bilan de leurs engagements pour faire face à la crise climatique et négocient les nouveaux objectifs à atteindre.

Outre les 197 parties ayant ratifié la convention (196 États et l’UE), des ONG (Organisations Non Gouvernementales), collectivités territoriales, syndicats et lobbies, y participent également. 

Une situation climatique actuelle alarmante : «Limiter le réchauffement planétaire sous 1,5°C n’est désormais plus atteignable»

À la veille de la COP30, l’ONU alertait sur l’insuffisance des efforts fournis par les pays pour maintenir le réchauffement climatique dans le cadre des Accords de Paris signés lors de la COP21 à Paris en 2015 : limiter le réchauffement à 2 degrés ou au mieux à 1,5, préconisé par le GIEC – Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat- pour éviter les conséquences les plus graves du changement climatique. « Pour y parvenir, il faudrait, d’ici 2035, réduire les émissions annuelles de gaz à effet de serre de 35% par rapport aux niveaux de 2019 (pour une limitation à 2°C) et de 55% (pour une limitation à 1,5 °C). D’ores et déjà, un dépassement du seuil de 1,5 °C au cours de la prochaine décennie est jugé « fort probable » compte tenu de la trajectoire actuelle et du rythme d’augmentation des émissions (+2,3% par an)”. (source www.vie-publique.fr)

Et cela a déjà été le cas pour l’année 2024 : à cause des émissions de gaz à effet de serre, l’augmentation des températures à la surface de la Terre a atteint une température de +1,52°C en 2024 par rapport à l’ère préindustrielle, ce qui en fait l’année la plus chaude jamais mesurée […]. Néanmoins, ce seuil doit être franchi pendant plusieurs années pour que la communauté scientifique considère qu’il est officiellement dépassé. Des chercheur.ses, dont certain.es font parti.es du GIEC, ne se font pourtant pas d’illusion : «Limiter le réchauffement planétaire sous 1,5°C n’est désormais plus atteignable».

Quelles sont les résultats de la COP30 ? 

“En dépit des efforts infatigables et du leadership de la présidence brésilienne, elle [la COP30] s’est soldée par l’adoption d’un accord à minima.” Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères

  C’est donc dans ce contexte d’urgence climatique, que s’est achevée, le 22 novembre 2025, la COP30 à Belém, situé à la lisière de la forêt amazonienne, “poumon de notre planète”, une représentation symbolique voulue par le Président brésilien Lula, mais « un poumon aujourd’hui malade »…

Un accord final a été trouvé mais jugé insuffisant, par plusieurs délégations et “sans ambition” selon la Ministre française de la transition écologique, Monique Barbut tandis que la Chine se félicite d’un “succès dans une situation très difficile”. Ces deux points de vue illustrent les conclusions à tirer de ce rassemblement des pays, censé apporter des réponses concrètes en faveur du climat. [Comme par exemple la sortie des énergies fossiles (alors que 1600 lobbyistes, travaillant dans ce secteur d’activité, ont été présents à cette réunion internationale…représentant 1 participant sur 25 :un nombre 50 fois plus élevé que les représentants de la délégation Philipéenne)]. D’un côté, une vision pessimiste relayée par de nombreux pays, tels que la Colombie, ou l’association Réseau Action Climat-International, qui rassemble plus de 2 000 organisations de la société civile, et qui déplore au journal Le Monde des « résultats très faibles », et que «les gouvernements n’ont pas présenté de plan de réponse mondial concret pour combler le déficit d’ambition et se sont seulement engagés à mettre en place des processus supplémentaires pour y remédier”. En effet, à l’instar de mesures concrètes et impactantes réclamées par de nombreuses délégations, ONG, populations locales, associations sur la sortie des énergies fossiles sur laquelle aucun accord n’a pu être trouvé, seule une décision économique nommée «Mutirao» devrait pousser les Etats à mener des politiques en faveur de la protection du climat. C’est ici une vision optimiste qui peut-être posée sur cette COP : “mobiliser 300 milliards de dollars (260 milliards d’euros) par an d’ici à 2035 en faveur des pays en développement et atteindre une enveloppe plus large de 1 300 milliards de dollars d’argent public et privé au même horizon” et un triplement des fonds spécifiquement consacrés à l’adaptation au changement climatique d’ici à 2035, pour faire face aux canicules ou aux inondations. La formulation est toutefois faible : elle se contente d’appeler les Etats à « faire des efforts » dans ce sens et ne mentionne pas la somme de 120 milliards de dollars que les pays en développement souhaitent voir figurer. « Nous nous félicitons de cet objectif, mais on peut se demander : tripler par rapport à quoi ? Il n’y a pas de date de départ dans le texte et l’échéance a été repoussée de 2030 à 2035 » dans la décision finale, regrette Joseph Mithika Mwenda, directeur exécutif de la Pan African Climate Justice Alliance (coalition de plusieurs organisations appartenant à la société civile). (source LeMonde.fr)

4) Un futur embrumé mais de l’espoir à garder

  Un bilan plus qu’ insuffisant de cette COP au vu des enjeux et des dangers mis en avant par le GIEC, en dit long sur les réelles préoccupations de nos gouverneur.es politiques, étant à la tête des pays établis sur une planète déréglée et dont les conséquences sont déjà visibles : le recul des glaciers, des canicules de plus en plus fréquentes et intenses, des phénomènes climatiques de plus en plus violents et communs. En outre, une absence est aussi à noter, celle d’une délégation officielle des Etats-Unis, s’étant également retirés des Accords de Paris cette année, 10 ans après sa mise en application. 

Malgré tout ce pessimisme pouvant provoquer une éco-anxiété de plus en plus élevée (15% dans Français le sont selon l’Agence de la transition écologique), des actions impactantes accessible à notre échelles sont possibles : adhérer à une des nombreuses associations locales, faire des dons à des ONG, aller voter…

Sources :

www.lemonde.fr

www.amnesty.org 

www.oxfamfrance.org

www.vie-publique.fr

docs.un.org

reporterre.net

france.attac.org

www.ademe.fr

P. F.